Les bijoux touaregs dans les poèmes touaregs de l’ère pre-coloniale

Posted on 26th octobre 2010 in Les Touaregs

Les bijoux touaregs dans les poèmes touaregs de l’ère pre-coloniale. (saison 1 épisode 1)

En novembre 1916, Charles de Foucauld finissait la transcription de son recueil sur les poésies touareg.

Bijoux touaregs qui sont à la fois, symbole d’appartenance à une tribu

Ces recueils de plus de 6000 vers sont une sorte de chanson de geste, assez divers, sous forme de patchwork ou trois sujets dominent : L’amour, la Guerre et le pouvoir.

Ouvrage d’importance s’il en est, car il s’agit d’un document linguistique composé de poèmes de touaregs qu’il avait concentré à partir des écrits, récits et document oraux de plusieurs tribus touarègues dont celle des Kel-Ahaggar, qui vivaient dans le massif de l’Ahaggar et de l’Ädghagh malien soumise à la dominance des tribus touarègues nobles celle de Kel-Ghela , auprès des hommes de la tribu des Täitoq dominant le FÄhnet, et sur lesquels les Kel-Ghela prétendaient exercer leur droit, enfin celle des Kel-Ajjer, installés entre l’Ahaggar et la Tripolitaine, sous la domination des Oûraghen…

Ces recueils de plus de 6000 vers sont une sorte de chanson de geste, assez divers, sous forme de patchwork ou trois sujets dominent : L’amour, la Guerre et le pouvoir.

Grands princeps qui ont dominés toutes les civilisations et toutes les sociétés de part le monde.

Mais l’ensemble de ces trois grands traits est dominé par l’obédience des bijoux.

Bijoux touaregs qui sont à la fois, symbole d’appartenance à une tribu, à une caste, à un lieu géographique, à famille sociale ou professionnelle, à un rituel de guerre, d’amour, de parade, de fiançailles, de mariage, de fécondité, porte bonheur ou gris-gris contre le malheur, la maladie, mauvais œil, les jeteurs de sort ou bouclier contre soi-même et conclusion d’un chemin initiatique de l’adolescent vers le guerrier, de la femme nubile vers la femme mature consentante mais indépendance dans ses droits de femme et douairière du foyer.

L’art militaire dans l’ancienne société touarègue

est tellement bien mis en évidence dans ces poèmes où l’on constate que l’adversaire est traité différent selon ses origines et son rang. Les relations guerrières étant plongées dans un plexus de relations où l’hostilité n’était pas le caractère dominant.

Si les poètes chantent aussi bien la guerre inter tribale que celle avec les étrangers, le registre différent. Lorsque l’adversaire est touareg, c’est un proche, auquel on parle en et qu’on combat ; Si l’adversaire est Arabe ou Français l’invective et la haine prend une tournure plus cabalistique.

Ainsi au cours d’une guerre dont l’origine venait des brimades que les Oûraghen faisaient subir à la tribu des Imenân . L’affrontement se déroula en 1874 devant

l’oasis de Ghât, et, combat aboutitv à la défaite des Kel-Ajjer. Qui prirent leur revanche à la bataille de Tañhart en 1875. Mais à nouveau vaincu sur le mont Ougmîden, en 1877, et à I-n-ëleggi en 1878 :

L'art de la guerre touareg

L'art de la guerre touare. L’art militaire dans l'ancienne société touarègue est tellement bien mis en évidence dans ces poèmes où l’on constate que l’adversaire est traité différent selon ses origines et son rang. Les relations guerrières étant plongées dans un plexus de relations où l’hostilité n’était pas le caractère dominant.

J’ai dit alors à Ákhnoukhen : « Approche, si tu l’oses, meure ta mère !

Je me suis vengé, malheur à ta mère !

Par Dieu, je te ferai fuir jusqu’à l’Äjjer de l’Est !»

Il semble que le chef kel-ghela harangue son adversaire sur le champ de bataille, en une apostrophe à peine masquée. Les deux hommes ont échangé des plénipotentiaires dans les heures préparant le combat. Ce poème est un échange de paroles non interrompu par le combat.

On trouve une adresse identique avant le début des hostilités entre les Kel-Ähaggar et les Ioullemmeden de l’Äzaouagh en 18975 :

Ils ont envoyé dans l’Äzaouagh ce message :

« Dis à celui des Ioullemmeden qui est fils d’Ichiâd :

Attaquer par surprise est illicite, c’est un péché : [sache que nous t'attaquons] . »

Toutes ces rodomontades avant le combat sont accompagnés de joutes verbales au cours de frugal repas

où des présents sont échangés et notamment des bijoux plus beaux les uns que les autres et réalisés pour les chefs et leur femme, par des artisans forgerons qui préparent aussi les armes, les armement des montures (chameaux) et le harnachement des guerriers. Des danses guerrières sont pratiquées, comme une ultime menace, et fanfaronnade auxquelles les femmes de deux bords se mêlent, parées de leur plus beaux atours et notamment les joyaux en argent et pierres naturelles. Bijoux touaregs qui sont le signe distinctif de pouvoir ou de protection magique contre les blessures de guerre et la mort.

à suivre, Amour, poèmes, bijoux et guerre chez les touareg…

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