Le bijou ethnique est avant tout considéré comme un bijou exotique.
Celui que l’on ramène d’un voyage de vacances en guise de souvenir. Ou bien d’un voyage professionnel en terre de développement. Pourtant dans la réalité un bijou ethnique est bien plus qu’un souvenir d’un exotisme lointain.
Le bijou ethnique est la signature, le signe, le stigmate d’une culture.
Une culture humaine qui a subi des évolutions, et dont les objets de parures comme les bijoux sont des éléments de reconnaissance inter humaine, tribaux, cabalistiques, religieux ou magiques. Le bijou ethnique est donc la confirmation d’une civilisation qui a évolue au point de développer un art précieux, recherché et reconnu.
L’art égyptien, et particulièrement les bijoux égyptiens, considérés comme des bijoux ethniques lors de leur découverte, sont devenus les preuves d’une civilisation évoluée, dont les traces sont admirées, respectées et exposées dans presque tous les pays du monde. A l’origine ces bijoux considérés comme exotiques, ethniques, sont aujourd’hui des bijoux d’art à part entière, catalogués, nomenclaturés et sont passés du statut de bijoux ethniques à celui de bijoux de la civilisation égyptienne.
De nos jours les bijoux ethniques sont ceux qui sont confectionnés dans les pays lointains et ramenés en France par des touristes ou des collectionneurs avertis.
Quels sont les points communs à tous ces bijoux ethniques ?
Les bijoux ethniques sont avant tout réalisés par des minorités.
Les bijoux ethniques réalisés à la main, loin des manœuvres industrielles,
Les bijoux ethniques sont l’expression d’un art, d’une culture

Mais ces bijoux considérés comme ethniques par les touristes étrangers, pour les marocains arabes ou berbères ils sont les signes de leur culture et de leurs traditions
Les bijoux ethniques sont des vecteurs soit de signe religieux, soit de signes tribaux ou des objets magiques protecteurs contre le mauvais sort, ou des gris-gris porte-bonheur, ou parfois investi d’un pouvoir maléfique contre un ennemis, un époux volage, ou sa rivale.
Les bijoux ethniques portent dans leur forme, leur nature, les ciselures, les martelages, les filigranes, les sertis, les pierres ou autres matières précieuses la marque de l’artiste, de l’ethnie, de la civilisation dont ils sont issus.
Les bijoux ethniques sont d’or ou d’argent, ou toute autre matière, os, bronze, nickel, fer qui plait.
L’or ou l’argent ont une symbolique propres, ainsi pour les berbères l’or est maléfique, pour les touareg l’argent est le symbole lunaire astre ami qui les guide lors de leurs longues nuits de voyages dans le désert. Dans les pays arabo-musulmans l’or n’était travaillé que par les juifs dans les quartiers spécifiques et symbole de richesse. La jeune fille marocaine rêve de porter, comme sa mère, de riches bijoux en or lors de son mariage, de les accumuler lors de sa vie et des les léguer à ses filles. Sur le même sol le berbère premier habitant des terres d’Afrique du nord ne pense qu’au bijou en argent, souvent important qui ceint le front, les oreilles, les hanches et les chevilles de la promise souvent dans un tintamarre métallique.
Mais ces bijoux considérés comme ethniques par les touristes étrangers, pour les marocains arabes ou berbères ils sont les signes de leur culture et de leurs traditions.
On voit bien que le mot ethnique, considéré à propos des bijoux est quelque chose de fluctuant et sa notion est aléatoire en fonction du type de civilisation dans lequel on se range.
Mais le bijou ethnique est devenu à la mode au point de faire la mode.
Il suffit de voir les collections de telle ou telle grande maison de bijoux pour comprendre que le bijou ethnique est un objet utilisé à des fins marketings.
Car pour être ethnique, un bijou doit bien se référer à ses caractéristiques propres. La première des conditions est d’être conçu et réalisé par un groupe ethnique au sens ethnologue du terme. Et un bijou a beau être qualifié d’ethnique par un joaillier de la place Vendôme, il n’en reste pas moins une production française. Et un bijou franco-français. Ces grandes marques se dotent, pour la bonne conscience, de salariés au nom ou à l’allure ethnique mais français de souche ou de culture.
On pourrait considérer ces joailliers de grandes marques comme une ethnie française particulière. Mais satisfont-ils aux autres caractéristiques de bijoux ethniques ?
Ces bijoux « ethniques » français sont-ils l’expression d’un art et d’une culture ? Ces bijoux « ethniques » français sont-ils réalisés à la main par des artisans au passé millénaire ? Ces bijoux « ethniques » français sont-ils réalisés selon des techniques codifiées et transmise de père en fils ? Ces bijoux « ethniques » français sont-ils les vecteurs de signes culturels, religieux ou ethniques ?
La mode française souffle tellement du coté des pays en voie de développement que des bataillons mercantiles se sont formés envoyant des hordes de commerciaux ambulants en France, engoncés dans des costumes bigarrés sensés représenter l’ethnicité et vendant à prix cassé des bijoux sensés être en argent, mais le plus souvent trop riche en métaux allergisants. Les sites fleurissent vantant et décrivant avec force fioritures les bijoux « ethniques » réalisés de manière industrielle. Mais ces marchands du temple portent préjudice aux vrais artistes des pays d’où ils sont issus. Ceux qui réalisent leur bijou avec art depuis des temps immémoriaux. Eux qui ne peuvent concurrencer en prix les légions mercenaires issus de leur même pays. Car l’argent dans le mode entier, régulé par les marchés et les bourses… Et fabriquer un bijou en argent ou en or dans des bijoux en développement constitue un véritable exploit dans nos temps modernes. Il faut le professionnalisme, l’atavisme, la pertinence et la résistance aux tentations des sirènes mercantiles d’un Moussa Hamade ou d’un Arali Gounda pour perpétuer l’art millénaire des touaregs du Niger ou du Mali ou de berbères du sud marocain ou tunisien.
Les touristes n’y connaissant RIEN, il est facile de les gruger en leur vendant des bijoux en nickel pour des bijoux en argent. La loi locale protégeant plus le marchand que le touriste gogo possédant un budget pour produits exotiques… On protège les œuvres d’art du pays mais la bêtise de ces occidentaux en goguette.
En trouve en France des marchands honnêtes qui connaissent et le métal et les bijoux pour faire un choix judicieux et proposer à leur clientèle des bijoux « ethniques » ethniques, les vrais, pas ceux que l’on trouve à vil prix dans les souks ou autres marchés ou vendeurs à la sauvette.
Certains sont même de véritables bijoutiers qui ont perfectionnés leur art du bijou ethnique. D’autres originaires de ces contrées lointaines, installés en France par vocation ou par hasard choisissent leurs bijoux « ethniques » avec goût et délicatesse. D’autres enfin utilise leur double culture, celle dont ils sont originaires et celle qu’ils ont acquises, pour mixer leur création en de ravissants bijoux à la fois ethniques et contemporains. Ethniques car ils choisissent des artisans du cru, de véritables artistes, introniser par leurs pères et les pères de leur père dans la véritable technique artisanale traditionnelle grégaire souvent millénaire, et ils leur soumettent leur propre design issu de la culture de leur racine adaptée au monde contemporain et à la mode qui les entourent. Certaines grandes maisons comme Hermès ont installés leurs ateliers en terre ethnique, d’autres comme Laoula travaille avec des artisans en terre africaine dans un véritable partenariat win to win. Les matériaux, l’argent principalement et certaines pierres précieuses sont achetés en France, les bois précieux en Afrique ou au Brésil. Les artisans sont payés de manière plus équitable, à un tarif qui leur permet de faire vivre plus qu’une famille, qu’une tribu, un village entier ! Laoula aide en plus les Femmes de Terezer d’où sont issus ses artisans en récoltant des fournitures scolaires, et en finançant la création d’un puit, à grande profondeur, au centre du village..















